Les nouvelles de Vincent Riouposté le 9 novembre 2016

Dans la dorsale

En ce deuxième jour de course, ça joue tactique et stratégique à l’avant de la flotte. Jean-Pierre Dick et Alex Thomson ont enchainé les empannages hier pour gagner dans l’est et se rapprocher des côtes portugaises. Les deux hommes espéraient échapper aux griffes de la dorsale anticyclonique prévue sur la route. Finalement, ils n’ont pu éviter l’obstacle mais ont toutefois conservé une légère avance sur le groupe situé à leur vent. C’est le skipper de Hugo Boss qui mène actuellement le bal avec 5,7 milles d’avance sur Saint-Michel Virbac.

C’est une deuxième nuit quasiment sans sommeil que se sont offert les solitaires. Alors que le match est pleinement engagé, chacun est à l’affût surtout dans les conditions de vents faibles rencontrées actuellement. A la latitude de Lisbonne, Vincent Riou, a choisi de rester plus à l’ouest au plus près de la route directe. Alors qu’il progresse au près dans 8 nœuds de vent, il raconte : « Nous sommes derrière la dorsale mais c’est un peu merdique. Ce n’est pas tout à fait le scénario que nous avions imaginé la semaine dernière. Nous avons entre 5 et 9 nœuds de vent. Je navigue non loin d’Edmond de Rothschild et de Quéguiner. On est repassé dans le nord de l’anticyclone. On progresse avec de l’ouest nord ouest. Avec Gitana, nous nous sommes fait avoir par ceux qui étaient sous notre vent. Ils ont dû trouver un meilleur compromis de vitesse ou alors ils ont eu moins de nuages, ce qui est possible. La dorsale nous est passée dessus cette nuit et ce matin. Je ne suis pas hyper content de ma nuit mais je m’en sors bien. En fait, j’ai choisi d’aller dormir une heure à un moment où il ne fallait pas. J’avais bien creusé l’écart sur Sébastien Josse hier soir mais pendant cette heure-là, il a réussi à trouver un petit couloir de vent et est bien revenu sur moi. Il s’est calé dans mon Est et est maintenant à 3,3 milles. Yann (Eliès, ndlr) est distant de 7,8 milles. Mais on est dans le bon paquet donc tout va bien ».

Le skipper de PRB était à 12h00 quatrième à seulement 25,2 milles du Britannique. Vincent effectue un très beau début de course face à un trio de bateaux de nouvelle génération et équipés de foils (Banque Populaire est en effet actuellement 3ème). Il peut, avec son bateau léger, tirer profit des conditions de vent faibles car ce qui compte désormais est de ne pas trop trainer dans cette zone de vent erratique et de veiller au retour d’éole. La nuit prochaine s’annonce une nouvelle fois tonique avec un front à passer et une dépression secondaire à gérer. Sur les fichiers, tout semble limpide mais qu’en sera-t-il dans la réalité ? « Sur les modèles, les choses sont assez simples mais ça reste à voir. En tout cas, nous sommes partis juste au bon moment car ce qui arrive derrière est costaud. Je n’ai pas trop eu le temps de reprendre un peu de sommeil ce matin car je m’organise pour être prêt quand le vent va à nouveau rentrer. Tant que le vent ne sera pas stabilisé, je ne penserai pas au repos » conclut Vincent, visiblement déjà installé dans le rythme du tour du monde.

Commentaires (0)
1 Star2 Stars3 Stars
Loading...
Partager cet article >>

Les nouvelles de Vincent Riouposté le 8 novembre 2016

PRB tient la cadence

Comme annoncé, les premières heures de navigation sur le Vendée Globe ont été rapides et exigeantes physiquement. Le vent capricieux en force et en direction a donné du fil à retordre aux marins qui se sont affairés toute la nuit aux réglages. « Le vent passait de 8 à 30 nœuds en quelques minutes. » confiait Vincent au téléphone ce matin. Si le flux de Nord a été propice aux grandes vitesses et aux foilers, PRB est parvenu à rester dans le match. Auteur d’un superbe départ hier, le monocoque orange et noir est actuellement le seul bateau sans foil à figurer dans le quinté de tête. 4ème au dernier classement, Vincent évolue actuellement au large du Cap Finisterre où les conditions sont devenues plus maniables et accuse un retard de seulement 13 milles sur ses trois concurrents de tête : Alex Thomson (Hugo Boss), Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) et Jean-Pierre Dick (St Michel Virbac). Un premier objectif atteint donc pour le skipper de PRB. « C’est important de ne pas être trop loin au cap Finisterre. C’est ce que j’ai fait cette nuit. Certes, cela m’a pris pal mal d’énergie mais on s’en sort pas mal. Il faut que nous arrivions à passer le DST et après cela ira mieux ».

Vincent au téléphone :

« La nuit a été exigeante car les conditions de vent étaient instables en force et en direction. Le vent passait de 8 à 30 nœuds en quelques minutes. Maintenant les conditions sont plus maniables au large du Cap Finisterre. Je suis parti un peu trop haut par rapport à la route avec Maître Coq, SMA et Safran. Nous sommes encore ensemble. Ceux qui sont passés par en dessous – Hugo Boss, St Michel Virbac et Banque Populaire VIII s’en sortent mieux. Il faut que nous arrivions à passer le DST et après cela ira mieux

Commentaires (0)
1 Star2 Stars3 Stars
Loading...
Partager cet article >>

Les nouvelles de Vincent Riouposté le 4 novembre 2016

« Le Vendée Globe se gagne dans la tête »

© Eloi Stichelbaut / PRB

C’est dans une Baie de Cayola inondée de soleil que Vincent Riou s’est livré ce matin à trois jours du départ du Vendée Globe. S’extraire du village où plusieurs centaines de milliers de personnes déambulent depuis le 15 octobre dernier pour partager de manière plus intimiste ces dernières heures à terre. Déjà pleinement tourné vers la compétition qui l’attend, le skipper de PRB qui a déjà inscrit son nom au palmarès du tour du monde est apparu serein et pragmatique. Zone d’exclusion des glaces, météo du départ, état d’esprit. Morceaux choisis.

Dans quel état d’esprit es-tu à trois jours du départ ? 

«Je vais bien. Il fait beau aux Sables d’Olonne. On va avoir un beau départ. Le bateau et le bonhomme sont prêts maintenant il n’y a plus qu’à y aller. Je suis assez impatient car on tourne en rond depuis tellement longtemps. Il y a un moment où il faut passer à l’action.  On commence à se projeter car maintenant on connaît les conditions que nous allons rencontrer les premiers jours. Mais dans ma tête, je ne serai réellement parti que dimanche après-midi, au moment du départ. Pour l’instant, je suis à terre. On ne peut pas avancer le départ à samedi ? Je suis prêt (rires). »

Peux-tu nous en dire plus sur les conditions météo du départ et des premiers jours de course ? 

« Nous allons avoir une météo très correcte au départ avec 15 à 20 nœuds de secteur Nord, pas trop de mer. Il y aura peut-être quelques averses en début de matinée mais les éclaircies vont se faire plus nombreuses au fur et à mesure de la journée. La première partie de la course devrait être assez rapide. Nous allons quitter vite le Golfe de Gascogne. Nous allons mettre 24 heures à passer le Cap Finisterre et puis après nous devrions avoir une descente de l’Atlantique assez rapide sans trop de manœuvres. Les conditions ne vont pas être difficiles mais elles vont être rapides donc cela va nous amener beaucoup de stress. Techniquement, il va falloir être vigilant mais c’est une perspective plutôt sympathique comme début de course. La route est longue mais on peut s’attendre à une belle démonstration de vitesse des foilers en début de course. »

La première semaine de course est –elle faite pour les foilers ?

« Oui mais s’ils creusent un peu d’écart la première semaine, l’affaire ne sera pas terminée pour autant. Il va se passer des choses encore après. Il faut savoir que même si une fois au Cap Horn, il y a un foiler devant, la route ne sera pas gagnée pour autant. 

Que penses-tu du plateau de cette édition ?

« Le match reste très ouvert cette année. 10 bateaux peuvent prétendre être sur le podium.  D’un côté, il y a les compétiteurs et de l’autre ceux qui vont raconter une histoire. Cette année, la proportion de compétiteurs est moins importante. C’est 1/3, 2/3. Il faut faire attention pour les prochaines éditions aux proportions. 50/50 ça serait mieux. Le Vendée Globe doit rester une compétition extrême. C’est une course tellement complexe que même les potentiels vainqueurs disent que leur premier objectif est de terminer. »

Penses-tu que le record de ce tour du monde puisse être battu ?

« Oui, on peut dépasser le record de François Gabart sur ce Vendée Globe. Si on descend l’Atlantique aussi vite qu’on le pense, on gagne déjà une journée. Tout dépendra des conditions mais aussi de l’état d’esprit. Si on arrive à être lucide pour réfléchir, on sollicite moins le bonhomme et ça se passe mieux. Il faut avoir du sang-froid au bon moment. Le Vendée Globe se gagne dans la tête. »

Peux-tu nous expliquer en quoi la zone d’exclusion des glaces risque-t-elle de compliquer votre approche ?  

« Cela risque d’être plus compliqué car si nous ne sommes pas en phase avec le passage des dépressions et des fronts, on va se retrouver à manœuvrer plus que ce que nous avons fait dans le passé. Avant, grosso modo on manœuvrait au passage des dorsales et des fronts mais on arrivait toujours à taper une porte vu qu’elles étaient très grandes. Maintenant la route est franchement plus courte en bas. Quand on fait des simulations, il y a des fois où on se retrouve bloqué le long de la zone. La route la plus rapide, c’est de rester le long de cette zone et de faire des empannages. Mais enchaîner ces empannages dans certaines conditions de vent ou derrière un front peut-être compliqué et risqué car ça oblige à multiplier les manœuvres. Et quand nous ne faisons pas cela, on se retrouve à faire des bords tellement loin de la route que la perte est trop importante.

Ce ne sera pas facile dans ces conditions de se reposer et de rester zen.  Ça va être très technique car il va falloir avoir la capacité à bien manœuvrer même dans des conditions difficiles sans casser le matériel. C’est un petit jeu auquel nous n’avons jamais joué donc ce sera la découverte. Les portes étaient probablement plus faciles à gérer que cette zone d’exclusion. Mais quoi qu’il en soit, il n’est pas question que nous retournions dans les glaces. Nous sommes trois skippers de ce plateau à avoir connu ça. Personne n’a envie d’y retourner. Moi j’ai quand même navigué pendant 12h et Jean pendant 3 jours au milieu d’un champ de mines. Sébastien a fini échoué sur un growler … Ce ne sont pas nos meilleurs souvenirs de Vendée Globe. »

Si tu n’avais pas PRB, quel bateau de la flotte voudrais-tu ?

« Mon bateau idéal ce serait un mix d’Hugo Boss et de Gitana : la coque d’Hugo Boss et les foils de Gitana. »

Abordes-tu différemment ce Vendée Globe ?

« La vie, c’est un cheminement. Nous ne sommes jamais pareils d’année en année. Je pense avoir les armes pour réussir à finir et à faire quelque chose dans ce Vendée Globe. Mais on ne sait pas trop ce qui va nous arriver, quelles problématiques nous allons rencontrer. C’est mystérieux mais c’est ce qui est excitant aussi. C’est la magie de la course. Si on savait exactement ce qu’il allait se passer, comment chaque bateau allait se comporter, ce ne serait pas drôle. Il faut que l’aspect mystère et découverte perdure sur cette course. C’est ce qui fait sa légende.

Commentaires (0)
1 Star2 Stars3 Stars
Loading...
Partager cet article >>